À la mi-mai 1998, le défunt sélectionneur italien Cesare Maldini a annoncé l’équipe de son pays pour la Coupe du monde en France, suscitant une controverse avec l’inclusion du défenseur Giuseppe Bergomi.
Bien que Bergomi n’ait que 34 ans, certains détracteurs de Maldini considéraient le joueur de l’Inter Milan comme « vieux », d’autant plus qu’il avait déjà participé 16 ans plus tôt à la Coupe du monde 1982 en Espagne, aidant l’équipe nationale italienne à remporter le titre de champion du monde.
Aujourd’hui, le concept de « vieux » dans le football a clairement changé, et les psychologues du sport peuvent discuter de ce changement en profondeur. Lors de la Coupe du monde, qui débute ce jeudi, 20 joueurs âgés de 38 ans et plus participent, sans que cela ne les mette dans l’embarras, ni les médias, ni les supporters.
Une star comme le Portugais Cristiano Ronaldo, 41 ans, est loin d’être un joueur fini et reste très présent sur la scène mondiale. Il en va de même pour l’Argentin Lionel Messi, 38 ans, le Croate Luka Modric, 40 ans, le Bosniaque Edin Dzeko, 40 ans, l’Écossais Gordon Craig, 43 ans, et l’Allemand Manuel Neuer, 40 ans.
Ces noms et d’autres confirment que l’âge n’est plus un critère décisif pour juger de la préparation ou de la valeur d’un joueur sur le terrain, surtout avec le développement des méthodes de préparation physique, de la nutrition, de la médecine sportive et de l’allongement de la carrière professionnelle des joueurs.
A l’inverse, le grand défenseur algérien Chaabane Merzkan, l’un des héros de l’épopée de Gijon 82, a dû prendre sa retraite prématurément, à l’âge de 30 ans seulement, pour éviter les mots durs de « Taab Janano », qui résumaient parfois un regard sévère sur le joueur une fois qu’il était un peu plus âgé.
La controverse rappelle également le célèbre commentateur de télévision Mohamed Marzouki, que Dieu ait son âme, qui répétait la phrase « Mechri est un jeune homme » à propos du joueur international wahrani Mechri Bachir, alors que ce dernier était effectivement jeune et talentueux.
Entre Bergoumi, Merzkan et Mechri, il semble que les jugements du passé aient été plus sévères à l’égard des joueurs, alors que le présent accepte davantage l’idée que des stars continuent à jouer au plus haut niveau malgré leur âge.
Marzouki, Mashri, Merzoukian et Bergoumi ont-ils été lésés ? Peut-être que oui. Ce qui est certain, c’est que le football moderne a prouvé que les « garçons » grandissent, mais qu’ils peuvent encore faire la différence.






