Le rideau est tombé sur la Coupe du monde avec le sacre de l'équipe d'Espagne face à son homologue argentine, lors d'une finale qui s'est prolongée jusqu'aux prolongations, avant que l'Espagne ne l'emporte grâce à son pragmatisme, son efficacité et sa supériorité tant individuelle que collective.
De son côté, l’équipe d’Algérie a tiré de sa participation à la Coupe du monde plusieurs leçons qui méritent d’être sérieusement prises en compte, d’autant plus que ce retour à la Coupe du monde intervenait après une longue absence, et alors que les « Verts » s’apprêtent à relever de nouveaux défis, notamment le coup d’envoi des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations en septembre prochain.
Cette étape impose à la Fédération algérienne de football de procéder à une évaluation globale de cette participation, couvrant les aspects techniques, organisationnels et administratifs, en identifiant clairement les lacunes constatées et les responsabilités, loin de toute émotion et de tout calcul égoïste.
Un bilan complet avant de tourner la page
La participation de l’équipe nationale à la Coupe du monde 2026 a suscité un vaste débat au sein du milieu footballistique algérien, où les observateurs et les spécialistes ont réclamé une analyse approfondie du parcours des « Verts » de manière objective, et de faire la distinction entre les parties qui ont rempli leur mission et celles qui ont échoué.
L’objectif de cette évaluation devrait être de tourner la page afin de permettre une réorganisation interne, de garantir la stabilité et la pérennité de la sélection, tout en prenant des décisions fermes si l’intérêt général exige des changements au niveau du staff technique ou de la composition de l’équipe.
Il convient également de se projeter dès à présent vers la prochaine édition de la Coupe du monde, sans se contenter de réactions ponctuelles liées à l’élimination, car la construction d’une équipe capable d’aller loin exige une vision à long terme et un plan clair.
Le retour en Coupe du monde est un atout sur lequel il faut s’appuyer
Malgré l’élimination dès le deuxième tour après la défaite face à la Suisse sur le score de 2-0, le simple fait d’être de retour à la Coupe du monde après 12 ans d’absence reste un point positif qu’il ne faut pas négliger.
La sélection algérienne avait en effet manqué les éditions de Russie 2018 et du Qatar 2022, ce qui fait de la qualification pour la Coupe du monde 2026 une étape importante sur laquelle il faut s’appuyer afin de garantir une présence régulière, voire quasi-régulière, lors des prochains tournois.
Une participation continue à la Coupe du monde permet d’acquérir de l’expérience et d’élever le niveau de compétitivité, alors qu’il n’est pas possible d’atteindre les phases finales en comptant uniquement sur des ambitions sentimentales, sans une préparation technique et organisationnelle complète.
Le Bureau fédéral, dirigé par Walid Sadi, devra trancher quant à l’avenir du staff technique, que ce soit en conservant Vladimir Petković tout en définissant précisément ses attributions et ses objectifs, ou en engageant un nouvel entraîneur selon des conditions claires et un projet sportif bien défini.
Erreurs défensives et manque de stabilité
Les matchs de la Coupe du monde 2026 ont révélé des lacunes évidentes dans la ligne arrière et au poste de gardien de but, les erreurs défensives s’étant répétées au cours des différentes rencontres.
Un manque de stabilité au sein de l’équipe titulaire s’est également manifesté, ce qui constitue l’une des principales critiques adressées à l’entraîneur Petković, qui a multiplié les changements et les expérimentations alors qu’il aurait dû finaliser ses choix plusieurs mois avant le début du tournoi.
Ces changements ont affecté la cohésion générale de l’équipe et se sont répercutés sur les performances et l’esprit combatif qui caractérisaient habituellement les joueurs nationaux lors des rencontres décisives.
La sélection nationale a livré une prestation terne face à la Suisse, a également souffert lors du premier match contre l’Argentine et a rencontré de nombreuses difficultés face à la Jordanie, tandis que la rencontre contre l’Autriche a été relativement meilleure en termes de dynamisme, malgré la persistance de défaillances défensives.
La nécessité de corriger les dysfonctionnements sur toutes les lignes
La prochaine étape impose à la Fédération et au staff technique de corriger les déséquilibres en défense et au poste de gardien, tout en remédiant aux problèmes constatés au milieu de terrain.
Il convient également de stabiliser le onze de départ et d’améliorer la cohésion de l’équipe, plutôt que de multiplier les changements de joueurs et de schémas d’un match à l’autre.
La sélection doit également retrouver son esprit combatif et sa discipline tactique, en particulier lors des grands matchs qui exigent une concentration maximale et une capacité à gérer la pression.
Redonner toute sa place au joueur local
Parmi les points méritant une attention particulière figure le recul de la présence des joueurs locaux au sein de la sélection nationale, alors que les expériences passées ont démontré leur capacité à apporter un plus grâce à leur esprit combatif et à leurs qualités techniques.
Il ne s’agit pas de les privilégier systématiquement par rapport aux professionnels, mais de leur offrir une véritable chance en fonction de leur niveau de préparation et de leurs performances, d’autant plus qu’un certain nombre de joueurs locaux ont déjà joué un rôle décisif dans des moments et des exploits historiques du football algérien.
La combinaison de l’expérience européenne et de l’enthousiasme des joueurs locaux permet de constituer un groupe plus équilibré et plus solide, tant sur le plan technique que mental.
Les matchs de septembre imposent d’agir rapidement
L’encadrement de la sélection nationale ne dispose pas de beaucoup de temps pour remettre les choses en ordre, étant donné que le mois de septembre sera marqué par deux rencontres importantes dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations.
Cette période s’annonce d’autant plus difficile qu’elle coïncide avec le début de la saison et que le niveau de préparation des joueurs est inégal, ce qui impose une préparation précoce et une définition précise des choix techniques et humains avant la trêve internationale.
L’objectif principal reste de faire de la participation à la Coupe du monde 2026 un nouveau point de départ, plutôt que de se contenter de recenser les erreurs ou d’échanger des accusations.
En effet, tirer véritablement parti de la Coupe du monde consiste à corriger les lacunes, à consolider la stabilité et à mettre en place un projet permettant à la sélection nationale d’obtenir de meilleurs résultats sur le plan continental et mondial au cours des prochaines années.






